La fête des Cuisinières et les énergies de Cancer
Cancer, en astrologie, c'est le signe du soin, du foyer, de la nourriture partagée et de la mémoire transmise de mère en fille. Y a-t-il fête plus Cancer que celle des Cuisinières de Guadeloupe ? Chaque année, autour du mois d'août, des femmes en madras défilent, chargées de mets, pour honorer un métier et une solidarité nés il y a plus d'un siècle. Derrière les couleurs, il y a une belle histoire de dignité.
1916 : des femmes s'organisent pour vivre dignement
Selon la tradition rapportée, tout commence le 14 juillet 1916, place Camille-Desmoulins à Pointe-à-Pitre. Des femmes — cuisinières, bonnes, domestiques — décident de se regrouper en tontine, cette caisse commune où chacune verse sa part. Leur but est d'abord grave et concret : s'assurer, à la fin de leur vie, un enterrement digne, surtout pour les plus pauvres d'entre elles. De cette tontine naît « Le Cuistot Mutuel », souvent présenté comme la première société mutuelle de Guadeloupe. Des femmes de condition modeste, souvent au service des autres, s'organisent elles-mêmes pour ne dépendre de personne dans l'épreuve. Il y a là une force toute cancérienne : protéger les siens, prendre soin, faire du lien un rempart contre le malheur.
Sous la protection de saint Laurent
L'association place sa fête sous le patronage de saint Laurent. Le choix n'est pas anodin : selon la tradition chrétienne, ce diacre fut supplicié sur un gril pour avoir refusé de livrer les trésors de l'Église à l'État, préférant les distribuer aux pauvres. Un saint brûlé, patron tout trouvé pour des femmes qui vivent près du feu et des fourneaux, et qui, elles aussi, veillent sur les plus démunis. C'est pourquoi la fête se tient le samedi le plus proche du 10 août, date de la saint Laurent. Les cuisinières, resplendissantes de couleurs, défilent en procession jusqu'à la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Pointe-à-Pitre pour faire bénir leurs paniers de victuailles. Le sacré et la cuisine, la mémoire et la fête, tout se mêle — comme dans le cœur d'un Cancer.
Nourrir, c'est aimer et transmettre
Au fil des paniers croulant sous les colombos, les court-bouillons, les tourments d'amour et les sirops, la fête dit une chose simple : cuisiner, c'est prendre soin. Ces recettes ne s'apprennent pas dans les livres mais dans la chaleur d'une cuisine, transmises de grand-mère en petite-fille, avec les gestes, les tours de main et les histoires qui vont avec. C'est exactement le domaine de Cancer : la nourriture comme langage d'amour, la maison comme sanctuaire, la lignée des femmes comme fil de la mémoire. En 2001, les petites mutuelles se sont fondues dans une Association des cuisinières de la Guadeloupe, mais l'esprit demeure. La Fête des Cuisinières a franchi le cap du centenaire, preuve que ce qui se transmet avec amour ne meurt pas.
Derrière les madras et les paniers débordants, il y a la mémoire de femmes qui ont fait de la solidarité un art de vivre. Nourrir les autres, veiller sur les siens, transmettre les gestes : voilà la vraie richesse de Cancer. La prochaine fois que tu partageras un plat mijoté avec amour, souviens-toi des cuisinières de 1916. Elles t'ont montré le chemin.
Sources
- Comité du Tourisme des Îles de Guadeloupe, Fête culturelle des Cuisinières de Guadeloupe, 2023.
- Portail de la Guadeloupe, La fête des Cuisinières, 2022.